Licence Pro Agronomie EVAPPMT (Expérimentation Végétale pour l’Amélioration et la Protection des Plantes Méditerranéennes et Tropicales

 PRESENTATION

            La grande majorité des denrées alimentaires végétales sont obtenues grâce à l’agriculture intensive. Cette forme d’agriculture a été mise en place en France après la seconde guerre mondiale. Elle a parfaitement répondu aux demandes sociaux-économiques de l’époque en permettant de produire de la nourriture en quantité et à faible coût.  La mise au point de l’agriculture intensive n’a été possible que grâce à des études de recherches fondamentales dans des domaines variés telles que la biologie et la physiologie végétale, la génétique et l’agronomie. Actuellement, il est couramment admis que les progrès dans les rendements des cultures sont pour moitié dû à l’agronomie et pour autre moitié dus à la génétique. Cette expérience du passé suggère qu’il est nécessaire d’avoir une approche pluridisciplinaire et reposant sur une forte activité de recherche scientifique pour mettre au point un type d’agriculture.

           L’agriculture intensive n’a pas que des qualités. Elle repose sur l’usage massif d’intrants (engrais et produits phytosanitaires) qui représente une source de pollution de l’environnement et provoque des problèmes de santé. Il semble donc important de modifier en profondeur les pratiques agriculturales de manière à limiter l’usage d’intrants et passer à un modèle d’agriculture raisonnée.  Ce virage dans les pratiques agricoles a été amorcé depuis une vingtaine d’année mais il est accéléré par le plan ECOPHYTO qui prévoit de faire diminuer l’usage de produit phytosanitaire de 50% en 2018. Cette réforme de l’agriculture doit aussi se faire sous la pression d’une difficulté supplémentaire : le changement climatique.  Pour arriver à développer une agriculture plus respectueuse de l’environnement  dans un contexte de changement climatique,  il est nécessaire d’avoir des approches pluridisciplinaires associant génétique (développement de variétés valorisant mieux l’azote et l’eau, résistantes aux maladies présentes,…), agronomie/physiologie/écologie (adapter les itinéraires culturaux, introduire des micro-organismes, des Stimulateurs de Défense Naturels,…) et de phytopathologie (Développement du Bio-Contrôle,…).  L’expérimentation végétale, moteur de la modification des pratiques agricoles, nécessite donc des techniciens de niveau BAC+3 ayant des connaissances scientifiques dans de nombreux domaines.

Le but de cette licence professionnelle, qui s’est ouverte en 2015, est de former des spécialistes en expérimentation végétale polyvalents car susceptibles d’exercer leur activité dans plusieurs secteurs :

Amélioration des plantes au sein de PME, de multinationale ou de centre de recherche tels que l’INRA et le CIRAD. La filière semencière est extrêmement importante en France puisque c’est le premier producteur européens et le premier pays exportateur au point de vue mondial. Ce secteur d’activité représente plus de 15000 équivalents temps plein et environ 2,9 milliards d’euros de chiffre d’affaire. Il est aussi intéressant de noter que le budget recherche est de 236 millions d’euros et qu’il a augmenté de +25% en 5 ans. Les entreprises semencières sont particulièrement bien implantées dans le sud de la France : la quasi-totalité d’entre-elles possède une station expérimentale dans un rayon de 100km autour de Nîmes.

Protection des cultures au sein d’entreprise ou de laboratoires travaillant sur la découverte, l’homologation ou le test de nouveaux produits phytosanitaires. Remplacer des produits phytosanitaires par des substances naturelles moins nocives est un des défis les plus difficiles à relever pour l’agriculture du futur. Le développement des entreprises faisant du bio contrôle (usage de macro ou micro-organismes, Stimulateurs de défense naturels,…) a commencé en 1985 ou 200 petites entreprises se partageaient un chiffre d’affaire de 150 millions de dollars (données mondiales). Ce n’était qu’un marché de niche puisqu’il ne représentait que 1% des ventes de produits phytosanitaire. Ce marché a progressé puisqu’il représentait 1 milliard de dollars en 2009 et des études prévisionnelles suggèrent qu’il représentera 8 milliards entre 2015 et 2020. Le développement de telles substances demande de nombreuses expérimentations et certaines seront réalisées par des entreprises en pleine croissance de la région  de Montpellier (Staphyt).

Optimisation/ adaptations d’itinéraires culturaux au sein de centre d’expérimentation végétale et de centre de recherche. De nombreux centres d’expérimentations existent dans la région, tels que le GEVES, le CTIFL, le CEHM ou ARVALIS.

          Si les enjeux du développement d’une agriculture raisonnée est importante pour les pays développés, ils sont capitaux pour de nombreux pays du sud qui ne peuvent de toute manière pas s’offrir des engrais ou des produits phytosanitaires. Le CIRAD et l’IRD ont des développés des partenariats avec des centres de recherche des pays du Sud. Les entreprises de semences ou de production (par ex : sucre,…) du sud nécessitent des techniciens supérieurs de qualité.

 Plaquette de la formation L3pro EVAPPMT Plaquette